Fissure en façade : que révèle son tracé sur la cause ?

Une fissure en façade raconte quelque chose. Sa direction, sa position, la façon dont elle s’élargit ou non d’un bout à l’autre, ce qu’elle traverse et ce qu’elle contourne : chaque détail renvoie à un mécanisme. Lire ce tracé est la première étape du diagnostic, avant toute mesure.

Les grands types de tracé

Sans être une règle absolue, ces correspondances se vérifient dans la grande majorité des cas :

  • Fissure oblique à 45 degrés, plus ouverte en haut qu’en bas, partant d’un angle de baie : tassement différentiel des fondations. Une partie de la maison descend plus que l’autre.

  • Fissure verticale à la jonction de deux corps de bâtiment, ou entre une extension et la maison d’origine : les deux ouvrages n’ont pas les mêmes fondations et ne bougent pas ensemble.

  • Fissure horizontale au niveau d’un plancher ou sous la toiture : poussée horizontale (charpente sans entrait, plancher qui pousse, dilatation d’une dalle).

  • Fissure en escalier suivant les joints de parpaings ou de briques : mouvement du mur lui-même, souvent lié au sol.

  • Réseau de fissures fines en toile d’araignée sur l’enduit : retrait ou faïençage de l’enduit, sans mouvement du support. Désordre esthétique.

  • Fissure horizontale en pied de mur, avec enduit qui gonfle : remontée capillaire et cristallisation des sels, pas un problème de structure.

Ce que l’expert regarde en plus du tracé

L’ouverture, mesurée au fissuromètre, et sa variation le long de la fissure. Les lèvres : décalées (cisaillement) ou dans le même plan (traction). L’âge : une fissure ancienne a des bords émoussés, salis, parfois colonisés ; une fissure récente a des bords nets et clairs. La correspondance intérieure : une fissure traversante se retrouve dans la pièce derrière. Et surtout l’environnement : arbres proches, terrain en pente, réseaux enterrés, travaux récents chez un voisin, nature argileuse du sol. Le tracé donne l’hypothèse ; le reste la confirme ou l’élimine.

Faut-il reboucher ?

Pas avant de savoir si elle bouge. Reboucher une fissure active fait disparaître l’information et revient à repeindre un voyant qui clignote. Une fissure ouverte laisse par ailleurs entrer l’eau dans le mur, ce qui aggrave le désordre au gel. La bonne séquence : poser des témoins ou des jauges, suivre pendant une saison, identifier la cause, la traiter, puis seulement reprendre la façade. Si le bien est en vente ou vient d’être acheté, le rapport d’expertise fixe l’état à une date, ce qui protège les deux parties.

Rodolphe GAUER, expert technique en bâtiment, GAUER Expertise Bâtiment, Le Mans. Interventions en Sarthe et dans le Grand Ouest. Devis gratuit sous 24 heures ouvrées au 06 35 56 23 65.

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