Cave humide ou inondée : d’où vient l’eau et que faire ?

Une cave humide n’est pas une fatalité des maisons anciennes. C’est un symptôme, et il a toujours une cause. Selon qu’il s’agit d’une nappe qui remonte, d’eaux de pluie mal évacuées ou d’une simple condensation, la solution n’a rien à voir. D’où l’intérêt de comprendre avant de dépenser.

Les quatre origines possibles

Avant tout traitement, il faut savoir de laquelle on parle :

  • Les eaux de ruissellement : la pluie qui s’infiltre le long des murs enterrés parce que le terrain penche vers la maison, que les gouttières débordent ou que les descentes se déversent au pied des fondations. L’eau arrive après chaque orage, par les murs, en partie haute.

  • La nappe phréatique : l’eau monte par le sol, sur toute la surface, en période de hautes eaux (fin d’hiver, printemps). Le niveau baisse ensuite tout seul. Aucun cuvelage léger n’y résiste.

  • Les remontées capillaires : les murs de pierre ou de brique aspirent l’humidité du sol. Pas d’eau libre, mais des parois froides et humides en permanence, avec salpêtre et enduits qui tombent.

  • La condensation : en été, l’air chaud et humide entre dans la cave fraîche et se condense sur les murs et le sol. On croit à une infiltration alors qu’il suffit de ne pas aérer aux mauvaises heures.

Un réseau enterré fuyard (eau potable, eaux usées, eaux pluviales) peut aussi alimenter une cave en continu, indépendamment de la météo. C’est le cas à éliminer en premier quand l’humidité ne varie jamais.

Comment l’expert fait-il la différence ?

Par l’observation et la mesure, pas par la théorie. La répartition des traces (partie haute ou basse des murs, un seul côté ou toute la cave), leur évolution avec la météo, la nature des dépôts, la mesure d’humidité des parois à l’humidimètre, la température et l’hygrométrie de l’air, l’état des abords extérieurs (pentes, regards, gouttières) et si besoin un test de mise en eau des réseaux. En une visite, on élimine la plupart des hypothèses. Le rapport indique la cause probable, ce qu’il reste à vérifier, et l’ordre logique des travaux.

Quelles erreurs éviter ?

Appliquer un enduit étanche ou une peinture bloquante sur un mur qui respire : l’eau monte plus haut et ressort au rez-de-chaussée. Cuveler une cave soumise à la nappe sans calcul de sous-pression : le radier se soulève. Injecter une barrière contre les remontées capillaires alors que le problème vient des gouttières. Chacune de ces erreurs coûte plusieurs milliers d’euros et ne règle rien. Le bon ordre est toujours le même : diagnostic, traitement de la source, puis seulement finitions.

Rodolphe GAUER, expert technique en bâtiment, GAUER Expertise Bâtiment, Le Mans. Interventions en Sarthe et dans le Grand Ouest. Devis gratuit sous 24 heures ouvrées au 06 35 56 23 65.

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