Expert d’assurance, expert judiciaire, expert indépendant : qui fait quoi ?
Le mot expert recouvre des métiers différents, qui ne travaillent pas pour les mêmes personnes ni avec les mêmes objectifs. Quand un désordre survient, savoir qui est qui évite bien des malentendus. Voici les trois figures que vous pouvez rencontrer, et ce que chacune peut faire pour vous.
L’expert mandaté par une compagnie d’assurance
Après une déclaration de sinistre, la compagnie peut envoyer un expert. Il est payé par elle et travaille pour elle : sa mission est d’évaluer si le sinistre entre dans les garanties du contrat et de chiffrer les dommages selon les conditions de ce contrat. Il est souvent compétent et correct, mais il n’est pas votre conseil. Il n’a pas à rechercher tout ce qui pourrait jouer en votre faveur, et son rapport n’est pas contradictoire par nature.
L’expert judiciaire
Il est désigné par un tribunal, dans le cadre d’une procédure, et inscrit sur une liste tenue par une cour d’appel. Il ne travaille pour aucune des parties : il répond aux questions posées par le juge, organise des réunions contradictoires où chacun s’exprime, et dépose un rapport qui éclaire la décision. Cette voie est longue et coûteuse ; elle s’impose quand la discussion amiable a échoué ou que les enjeux sont lourds. On n’y va pas seul : on y va avec un avocat, et souvent avec son propre expert.
L’expert indépendant, ou expert d’assuré
C’est mon métier. Vous me mandatez, vous me payez, je travaille pour vous seul. Ma mission est technique : constater, mesurer, comprendre la cause d’un désordre, qualifier sa gravité, dire ce qu’il faut faire, et l’écrire dans un rapport clair. Je n’ai aucun intérêt dans les travaux et je ne suis lié à aucune entreprise ni compagnie. Je peux intervenir seul pour vous, ou de façon contradictoire face à un constructeur, un artisan, un vendeur ou l’expert d’une compagnie, pour défendre votre position avec des arguments techniques.
Dans quelles situations chacun intervient-il ?
Vous déclarez un sinistre : l’expert de la compagnie vient évaluer. Si son évaluation vous paraît incomplète ou si la cause retenue ne vous convainc pas, vous pouvez faire appel à un expert indépendant pour une contre-expertise ; certains contrats prennent en charge une partie de ses honoraires. Vous avez un litige avec un artisan ou un constructeur : l’expert indépendant établit le constat technique et conduit l’expertise amiable, contradictoire si nécessaire. Le litige persiste : l’affaire va devant le tribunal, qui désigne un expert judiciaire, et votre expert indépendant vous assiste aux réunions.
Un expert indépendant peut-il être objectif s’il est payé par le client ?
Oui, et c’est même la condition de son utilité. Un rapport de complaisance ne résiste pas à une discussion contradictoire ni à un tribunal, et il dessert le client qui s’appuie dessus. Mon rôle est de vous dire ce qui est établi, ce qui ne l’est pas, et parfois que le désordre n’est pas imputable à celui que vous pensiez. C’est cette rigueur qui donne du poids au rapport quand il vous est favorable.
Comment choisir un expert indépendant ?
Vérifiez qu’il a une expérience réelle du bâtiment et de la pathologie, pas seulement un titre. Demandez comment il travaille : visite sur place, instruments, rapport écrit avec photos et distinction entre constats et hypothèses. Assurez-vous qu’il ne vend pas de travaux et qu’il ne dépend d’aucune entreprise. Exigez une lettre de mission qui fixe le périmètre et les honoraires avant toute intervention. Et méfiez-vous de celui qui vous promet un résultat avant d’avoir vu le bien.
Rodolphe GAUER, expert technique en bâtiment, GAUER Expertise Bâtiment, Le Mans. Interventions en Sarthe et dans le Grand Ouest. Devis gratuit sous 24 heures ouvrées au 06 35 56 23 65.