Fenêtre qui prend l’eau : menuiserie ou mur, où passe l’infiltration ?
Une trace d’humidité sous une fenêtre, un appui qui se dégrade, une tapisserie qui se décolle en partie basse de la baie : le pourtour des menuiseries est l’un des points d’entrée d’eau les plus fréquents d’une maison. Et l’un des plus discutés, parce que le menuisier, le maçon et le façadier s’y rencontrent.
Par où l’eau peut-elle entrer ?
Autour d’une fenêtre, il y a cinq chemins possibles :
L’appui de fenêtre : pente insuffisante ou inversée, absence de goutte d’eau ou de rejingot, fissure entre l’appui et le mur. L’eau stagne et rentre sous la menuiserie.
Le calfeutrement entre le dormant et la maçonnerie : joint absent, mal dimensionné ou décollé. C’est le cas le plus courant sur les menuiseries remplacées en rénovation.
La menuiserie elle-même : trous de drainage bouchés, joint de vitrage défectueux, assemblage d’angle ouvert sur un dormant bois ou PVC.
Le linteau et la façade au-dessus : fissure d’enduit, bavette absente sur un coffre de volet roulant, ruissellement qui contourne la menuiserie.
La condensation : sur une fenêtre neuve très étanche dans une pièce mal ventilée, l’eau qui coule sur la vitre et le dormant n’est pas une infiltration.
Comment l’expert localise-t-il le passage ?
Par un test d’arrosage méthodique, zone par zone, de bas en haut : appui, puis calfeutrement latéral, puis vitrage, puis linteau. Chaque zone est arrosée quelques minutes pendant qu’on observe l’intérieur, avec un humidimètre pour détecter l’arrivée d’eau avant qu’elle soit visible. On arrête dès que l’eau apparaît : le passage est trouvé. Cette méthode, simple et reproductible, permet d’attribuer le défaut au bon lot sans déposer la menuiserie.
Menuisier, maçon ou façadier : qui reprend ?
Le NF DTU 36.5 fixe les règles de pose des menuiseries extérieures, y compris le calfeutrement et les exigences sur l’appui. Le NF DTU 20.1 et le NF DTU 26.1 couvrent la maçonnerie et les enduits. Une fois le passage d’eau localisé, la règle applicable désigne le responsable. Sur une maison récente, ces infiltrations relèvent le plus souvent de la garantie de parfait achèvement la première année, puis de la décennale si elles rendent le logement impropre à sa destination. Sur une maison ancienne achetée récemment, un appui refait juste avant la vente pour masquer le problème peut relever du vice caché.
Ce qu’il ne faut pas faire
Recharger le joint silicone tout autour de la fenêtre en espérant que ça passe. Si le défaut est sur l’appui ou dans le mur, l’eau continue d’entrer, et le nouveau joint empêche ce qui est entré de ressortir. Le bois du dormant pourrit alors de l’intérieur. Une visite d’expert coûte moins qu’une menuiserie à remplacer.
Rodolphe GAUER, expert technique en bâtiment, GAUER Expertise Bâtiment, Le Mans. Interventions en Sarthe et dans le Grand Ouest. Devis gratuit sous 24 heures ouvrées au 06 35 56 23 65.