Réception de maison CCMI : comment se passe la visite et quelles réserves noter ?
La réception est le moment le plus important de votre contrat de construction. C’est le jour où vous acceptez la maison, où les garanties commencent à courir, et où tout ce qui n’est pas écrit sera difficile à faire valoir ensuite. Voici comment se déroule cette visite et comment la préparer.
Qu’est-ce que la réception, concrètement ?
C’est l’acte par lequel vous déclarez accepter les travaux, avec ou sans réserves. Elle se fait sur place, en présence du constructeur, et se termine par la signature d’un procès-verbal. Ce document liste les défauts constatés ce jour-là : ce sont les réserves. Tout défaut apparent qui n’y figure pas est réputé accepté. C’est pour cela que la visite ne doit pas être une formalité de vingt minutes.
Comment préparer la visite ?
Relisez le contrat et la notice descriptive : c’est la liste de ce qui a été vendu, poste par poste, et la référence pour juger ce qui est livré. Reprenez les plans. Prévoyez du temps, deux à trois heures pour une maison, en plein jour. Emportez une lampe, un niveau, un mètre, un chargeur de téléphone pour tester les prises, et de quoi prendre des photos. Si vous vous faites assister par un expert, transmettez-lui ces documents avant la visite.
Que faut-il contrôler pièce par pièce ?
À l’extérieur : l’enduit de façade (fissures, taches, reprises), les appuis de fenêtre et leur pente, les gouttières et descentes, les seuils, l’évacuation des eaux pluviales, l’état du terrain autour de la maison. En toiture, depuis le sol : alignement des tuiles, faîtage, sorties de ventilation. À l’intérieur : planeité des sols et des murs, carrelage (joints, sonorité, alignement), menuiseries (ouverture, fermeture, étanchéité, vitrage rayé), portes qui ferment, plinthes, peintures. Équipements : chaque prise et interrupteur, chaque point d’eau, l’évacuation des appareils, le chauffage en marche, la VMC qui aspire réellement. Combles et vide sanitaire : isolant en place, réseaux propres, absence d’eau.
Comment rédiger une réserve utile ?
Une réserve doit être précise et localisée : « carrelage sonnant creux, chambre 2, angle nord-est, environ six carreaux » plutôt que « problème de carrelage ». Une réserve vague se discute, une réserve précise se lève. Numérotez-les, photographiez-les, et vérifiez que le procès-verbal reprend bien toutes celles que vous avez dictées avant de signer. Ne signez jamais un procès-verbal vierge à compléter plus tard.
Faut-il refuser la réception ?
Rarement. La réception avec réserves est la situation normale : la maison est habitable, les défauts sont listés, le constructeur doit les reprendre dans un délai convenu, et vous pouvez consigner une partie du prix jusqu’à la levée des réserves. Le refus se justifie quand la maison n’est pas achevable ou présente des défauts graves qui empêchent d’y vivre. Dans ce cas, il faut un constat technique sérieux pour l’appuyer.
Pourquoi se faire assister par un expert indépendant ?
Parce que le constructeur connaît sa maison et que vous la découvrez. L’expert voit les défauts que vous ne verrez qu’après un hiver : une ventilation sous-dimensionnée, un appui de fenêtre en contre-pente, une évacuation mal raccordée, un enduit mal exécuté, un isolant discontinu. Il rédige les réserves dans un vocabulaire que le constructeur ne peut pas contester, et il vous dit ce qui relève d’une simple finition et ce qui touche à la solidité ou à la conformité. C’est le jour où son intervention rapporte le plus.
Rodolphe GAUER, expert technique en bâtiment, GAUER Expertise Bâtiment, Le Mans. Interventions en Sarthe et dans le Grand Ouest. Devis gratuit sous 24 heures ouvrées au 06 35 56 23 65.