Suivi de chantier : pourquoi faire contrôler les travaux avant de payer ?
Un chantier se paie par acomptes, au fur et à mesure de l’avancement. Chaque paiement valide, de fait, ce qui a été réalisé. Une fois les fondations enterrées, la dalle coulée et les murs doublés, ce qui est mal fait ne se voit plus, mais se paie plus tard. Le suivi de chantier par un expert indépendant sert à regarder avant qu’il soit trop tard.
Quelles étapes faut-il contrôler ?
Pas toutes. Celles qui deviennent invisibles ensuite et dont la reprise coûte le plus cher :
Fondations avant coulage : profondeur hors gel, largeur, ferraillage, propreté du fond de fouille, conformité à l’étude de sol.
Dallage et plancher bas : hérisson, film, isolant, treillis, épaisseur, réservations pour les réseaux.
Élévation des murs : chaînages, linteaux, appuis, joints, aplomb et niveau.
Charpente et couverture : sections, assemblages, ancrages, écran de sous-toiture, ventilation, solins.
Avant fermeture des doublages : isolation continue, pare-vapeur, réseaux électriques et plomberie, étanchéité à l’air autour des menuiseries.
Avant carrelage des pièces d’eau : étanchéité sous carrelage, pentes, siphons.
Le constructeur ou l’architecte ne contrôlent-ils pas déjà ?
Le conducteur de travaux du constructeur contrôle pour le constructeur. L’architecte, s’il a une mission de suivi, passe à intervalles et ne voit pas tout. Aucun des deux ne vous représente vous. L’expert que vous mandatez n’a qu’un client : vous. Il regarde avec vos intérêts, signale par écrit ce qui n’est pas conforme au contrat, aux plans ou aux DTU, et vous dit si l’appel de fonds correspond à l’avancement réel. En CCMI, les appels de fonds sont plafonnés par étape par la loi : payer plus tôt que prévu vous prive d’un levier.
Que se passe-t-il quand un défaut est repéré ?
Un compte rendu de visite, avec photos, est envoyé le jour même au constructeur ou à l’entreprise, avec demande de reprise avant la suite des travaux. La plupart des défauts se corrigent en quelques heures quand ils sont vus à temps : un ferraillage mal positionné, un pare-vapeur déchiré, une réservation oubliée. Les mêmes défauts découverts après réception deviennent des litiges de plusieurs mois. Le suivi de chantier n’est pas une dépense en plus, c’est une assurance contre la reprise.
Combien de visites prévoir ?
Cela dépend du projet. Pour une maison individuelle, quatre à six visites ciblées aux étapes ci-dessus couvrent l’essentiel, plus la réception. Pour une rénovation lourde, le calendrier se cale sur les lots critiques. Le nombre de visites et leur moment sont fixés dans la lettre de mission, avant le démarrage, pour que vous sachiez exactement ce qui sera contrôlé et quand.
Rodolphe GAUER, expert technique en bâtiment, GAUER Expertise Bâtiment, Le Mans. Interventions en Sarthe et dans le Grand Ouest. Devis gratuit sous 24 heures ouvrées au 06 35 56 23 65.