Salle de bain neuve qui fuit : où est le défaut ?
Une auréole au plafond de la pièce du dessous, un parquet qui gondole derrière la cloison, une odeur de moisi sous le meuble vasque : quelques mois après des travaux, la salle de bain fuit. La question n’est pas seulement de savoir d’où vient l’eau, mais qui a manqué à quoi.
Les points faibles d’une salle de bain
Dans l’immense majorité des cas, l’eau passe par l’un de ces endroits :
Les joints périphériques de la douche ou de la baignoire : un joint silicone mal fait ou décollé laisse passer l’eau à chaque utilisation.
L’absence de système d’étanchéité sous carrelage (SPEC ou SEL) dans la douche : le carrelage n’est pas étanche, ce sont les produits sous le carrelage qui le sont.
Le receveur ou la douche à l’italienne : pente insuffisante, siphon mal raccordé, natte d’étanchéité mal relevée en périphérie.
Les raccords de plomberie encastrés : un raccord serti ou vissé qui goutte derrière un habillage, invisible pendant des mois.
Les supports inadaptés : plaque de plâtre standard en zone humide, bois non protégé, qui gonflent et fissurent le carrelage.
Le carreleur, le plombier ou le plâtrier ?
C’est toute la difficulté d’une salle de bain : plusieurs corps d’état interviennent au même endroit, et chacun renvoie vers l’autre. Le carreleur dit que le plombier a mal raccordé, le plombier que le carreleur n’a pas fait l’étanchéité, le plâtrier qu’on ne lui a pas demandé de plaque hydrofuge. Les règles de l’art tranchent : le NF DTU 52.2 pour la pose collée de carrelage, le NF DTU 60.1 pour la plomberie, le NF DTU 25.41 pour les plaques de plâtre. Chacune fixe ce qui relève de qui. L’expert vérifie ce qui a été fait, par rapport à ce qui aurait dû l’être, et par qui.
Comment trouver la fuite sans tout casser ?
Par étapes, du moins destructif au plus destructif. Mesure de l’humidité des parois à l’humidimètre pour cartographier la zone mouillée. Essais d’eau ciblés : on arrose une zone à la fois (joint, receveur, robinetterie) et on observe. Contrôle des raccords accessibles, de la bonde, du siphon. Caméra thermique si les températures le permettent. Sondage localisé seulement si le reste n’a pas suffi. Cette méthode évite de démolir une salle de bain entière pour un joint de dix centimètres.
Que faire face à l’entreprise ?
Ne pas laisser reprendre les travaux avant d’avoir un constat : une fois le carrelage refait, la preuve du défaut a disparu. Faire constater par un expert indépendant, puis mettre l’entreprise en demeure par écrit avec le rapport. Une salle de bain qui fuit et dégrade la structure ou rend la pièce inutilisable peut relever de la garantie décennale, ce qui engage l’assureur de l’entreprise même si celle-ci a disparu. Le rapport est la pièce qui déclenche tout.
Rodolphe GAUER, expert technique en bâtiment, GAUER Expertise Bâtiment, Le Mans. Interventions en Sarthe et dans le Grand Ouest. Devis gratuit sous 24 heures ouvrées au 06 35 56 23 65.